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World of Goo

par simon

Le 1 Avril 2009


Est-il encore besoin de présenter World of Goo ? Sorti en décembre dernier sur Windows, Mac, Linux et Wii, le jeu a accumulé à peu près toutes les récompenses possibles sur la scène indépendante et dans le monde du jeu-vidéo en général (Meilleur design, Meilleure technique à l'IFA, Meilleur jeu téléchargeable à la Game Developer Conference). Un succès mérité ? C'est ce que nous allons voir...

World of Goo appartient au genre du puzzle scénarisé. Une catégorie du jeu-vidéo relativement peu explorée : quelques jeux plus ou moins oubliés des années 90 (Lost Viking, Gobliins…) avaient établi la formule et plus récemment Portal - toujours lui - montrait à nouveau que l'on pouvait combiner efficacement énigmes et narration. World of Goo, comme TAG : The Power of Paint, est un jeu de l'après Portal. 2D Boy et Valve partagent un vrai sens du dosage entre narration et gameplay et un même principe de conception : explorer toutes les variations possibles autour d'une idée simple (ici la construction de tours et ponts).

Le scenario de World of Goo, centré autour d'une "World of Goo Corporation" aux desseins mystérieux n'a rien de fondamentalement exceptionnel mais se montre à l'image du titre : mignon, impeccablement amené, souvent drôle. Un peintre à l'égo visiblement surdimensionné laisse un peu partout dans les niveaux des panneaux contenant des messages esotériques, humoristiques, ou simplement informatifs. Au loin, la mystérieuse MUM veille…et le dernier des Goo explore des tuyaux sans fin. Cela semble confus ? Pour en savoir plus, il faudra jouer.

World of bon goût

Au premier abord, World of Goo ressemble à un (bon) jeu flash. Graphisme coloré, moteur physique simple, principe de jeu minimaliste : construire des structures en aggrégeant des petites boules de Goo, afin d'atteindre le tuyau symbolisant la fin du niveau. Du travail propre, mais finalement assez classique.

Mais cette première impression disparaît assez vite et World of Goo parvient à surpasser sans mal ses limites. Cela tient à la tenue générale du jeu : l'univers graphique est soigné et extrêmement cohérent, il n'y a aucun bug, les musiques ressemblent à des trésors oubliés dans un tiroir par Danny Elfman et - c'est peut-être le plus important, les Goo sont mignons. Très mignons. Créatures ovoïdes qui rappellent un peu les boules de suies de Miyazaki, elles poussent des petits cris aigüs quand on les chatouille, dorment quand on les laisse tranquille ou se baladent sans but. Le fait qu'il faille systématiquement en sacrifier pour atteindre la fin du niveau (une fois utilisées comme matériau de construction, les Goo "meurent", ou en tout cas se figent) provoque systématiquement un pincement au coeur - et quelques réminiscences d'autres petites bêtes stupides et attachantes du jeu-vidéo, les Lemmings. Le jeu abonde également en trouvailles étonnantes ou poétiques, comme les Time Bugs, petits insectes volants qui permettent d'annuler la dernière action - en cas de chute impromptue de notre bel échaffaudage de Goo...

Surtout, World of Goo est un inépuisable laboratoire de gameplay (selon les mots du Mysterious Sign Painter sur l'un des panneaux du jeu : "A new Goo Species ! The Gameplay possibilities would be endless !"), qui consacre une énergie assez impressionnante à se renouveler constamment. Cela passe par l'introduction de nouvelles espèces de Goo aux caractéristiques propres, des idées retorses de construction des niveaux, voire un bouleversement total du gameplay aux trois quarts du jeu (le Sign Painter toujours : "Tout change au Chapitre 4"). Comme dans Portal, les puzzle ne sont pas bien difficiles. Toujours comme dans Portal, le jeu s'arrête avant d'avoir atteint son plein potentiel de complexité. Mais ce n'est pas grave. Le plaisir consiste plus à découvrir quelle prochaine surprise le jeu nous reserve qu'à faire travailler ses méninges. Pour les aficionados du score et du classement, les développeurs ont prévu des défis qui permettent de refaire chaque niveau avec des objectifs parfois assez tordus. L'ensemble des Goo sauvés dans chaque puzzle se retrouve également dans une zone spéciale du jeu, afin de construire la tour la plus haute possible et se mesurer aux autres joueurs.

Non, World of Goo n'est pas un simple jeu flash vendu trop cher. Bien plutôt l´un des jeux les plus frais, les plus plaisants, les plus aboutis d'une année de jeu-vidéo indépendant décidément très riche. Oui, les Goo sont tout petits, mais leur jeu est grand.

World of Goo : créé par 2DBoy (Kyle Gabler et Ron Carmel)

Prix : 20?

Site officiel : http://2dboy.com/games.php

Téléchargement : démo ou achat sur le site des développeurs ou sur Steam

simon

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