CONNEXION

Coraline

par simon

Le 19 Juin 2009


Une famille déménageant dans une vieille maison un peu étrange. Une petite fille aux cheveux bleus et à l'imagination débordante. Une poupée inquiétante, et un tunnel secret qui permet de s'échapper du quotidien. Henry Selick revient au film d'animation en stop-motion et propose un conte visuellement très impressionant.Henry Selick est un habitué de l'animation en stop-motion, déjà auteur du superbe l'Etrange Noël de Mr Jack, de James et la pêche géante ou plus récemment de la faune marine bariolée de la Vie Aquatique.

Il porte ici à l'écran un conte fantastique pour enfants écrit par Neil Gaiman : l'histoire de Coraline, une petite fille affublée d'une imagination débordante et de parents régulièrement débordés. Suite au déménagement de la famille dans une drôle de maison isolée (Shining n'est pas loin), elle découvre un mystérieux passage souterrain. Au bout de ce corridor secret, un univers alternatif et merveilleux, avec d'autres parents, beaucoup plus dynamiques et attentifs que les vrais. Seul hic, comme des poupées de chiffons, ceux-ci ont des boutons à la place des yeux.

Ces boutons ne représentent que l'une des visions les plus dérangeantes du film. Pendant une heure et demie, c'est une avalanche d'images spectaculaires et de prouesses graphiques qui submerge le spectateur, issues d'un imaginaire fantastique étonnamment torturé pour un film pour enfant. Meubles insectes, fantômes, araignées géantes, on ne dévoilera pas toutes les idées pour ne pas gâcher la surprise mais celles-ci se multiplient exponentiellement au cours du film, chaque scène recelant sa petite trouvaille. Coraline est très loin de l'imaginaire figé et du gothique de pacotille de Corpse Bride : Selick trouve dans le livre de Neil Gaiman un univers à la fois enraciné dans les contes populaires et moderne, jamais réellement novateur mais pourtant doté d?une identité propre. Le scénario n'est pas parfait et c'est d'ailleurs l'une des faiblesses du film, moins touchant que prévu, peut-être parce que les personnages manquent paradoxalement de chair ; la beauté esthétique de l'ensemble lui donne en contrepartie un aspect de livre d'image un peu froid.

Coraline est d'une certaine façon le pendant cinématographique de certains livres "pour enfants" de Serge Brussolo (au hasard, Peggy Sue et les fantômes) : une série de visions accumulées, chacune plus étonnante que la précédente ; le film ne semble exister que par cette vitesse, trouvant son moteur dans une frénésie graphique continuelle. Car après avoir expérimenté le mélange entre images réelles et animation dans James et la pêche géante, c'est cette fois le numérique et la 3D qui font leur apparition dans l'univers d'Henry Selick. Malgré les prouesses de Pixar et consorts ces dernières années, l'animation stop-motion garde un charme artisanal, une belle raideur à la fois un peu inquiétante (les mouvements saccadés des personnages) et confortable. Le numérique, lui, vient progressivement grignoter l'image du film : il ne l'affadit pas, il la dissout, comme dans cette scène où Coraline marche dans un verger qui se désagrège progressivement autour d'elle, de plus en plus géométrique et abstrait pour finir en un amas de pixels.

Peu d'échappatoire pour Coraline : si le monde merveilleux de tous les possibles se révèle inquiétant, le réel et ses contraintes reste une solution de repli bien peu satisfaisante. Les poupées ne peuvent pas grand chose face à la solitude des petites filles.

simon

1 commentaires

sunil a dit:

Le 27 Janvier

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